Sans béquille ni démarreur, ma bécane est devenue une sorte de masse de métal inutile plantée devant les bungalows des Français. A Lagos, ou à Kinshasa, il y avait le HLM de l’ambassade, un immeuble bien clôturé et bien gardé où étaient logés la plupart des gens qui bossaient au consulat , à l’ambassade ou au centre culturel…ici c’est ce petit ensemble de bungalows clôturés de jasmin et d’acacias et étrangement planté au milieu des locaux techniques de la compagnie électrique EDEL. bungalowC’est étrange, ça me rappelle mon pote Harty qui habite au milieu d’une gravière en Alsace. Ici, dès qu’on quitte le petit périmètre verdoyant, on est au milieu des camions ,des entrepôts et des containers.

Juste à côté, ma bécane semblait prête à finir avec les gravats. Il fallait réagir.

On m’a donc trouvé quelqu’un qui pouvait m’emmener au quartier du Golf qui, bien sûr, porte très mal son nom. On se retrouve dans cette périphérie boueuse et embouteillée par laquelle je suis arrivé ici sur mon camion orange.

Le quartier du Golf, c’est le marché informel de la pièce de bagnole. Après une fatigante prospection au milieu de la chaleur et la poussière, on finit par trouver le Valéo qui correspond à peu près au mien et qui a l’air de tourner qauand on le branche sur une batterie. Tout est toujours compliqué ici, venir ici, faire son emplette et repartir, ça te bouffe facile une journée, alors pas question de tergiverser, on prend ou on prend pas. A deux cent quatre vingt dollars il y a de quoi hésiter, le prix du démarreur est comme celui de tout ici, étrangement démesuré pas rapport au boxon moite ambiant. Après la traditionnelle discussion, je m’en sors à deux cent vingt et je rentre directo remonter ça près du bungalow…

golfEnfin, le temps d’arriver la nuit est tombée et on verra ça demain à l’aube.

Le lendemain, je peux vérifier que je ne me suis pas fait entuber mais pas loin quand même; le démarreur poussif arrive à démarrer le moteur mais il a bien du mal et je ne suis même pas certain de compter sur lui pour trois jours à Luanda.

De toute manière un petit tour de quartier suffit à me faire comprendre que, non, vraiment, il faut que la bécane attende tranquillement ici de quoi lui redonner un semblant de panache pour reprendre un jour la route du sud…

                   foot