Il y a comme une relation intime entre les taxis de Libreville et moi, comme si tout le cosmos se foutait en branle pour que je ne me déplace qu’avec eux. Quand je suis arrivé ici, ma boîte de vitesse sous le bras, j’ai commencé à me déplacer en taxi  le temps de remonter le bazar.  Ensuite, il y a eu les pneus à changer, les bobines  d’allumage qui ont pétés  puis toutes ces fuites d’huiles et les cylindre à démonter pour vérifier ce qu’il se passait là dedans… douze  heures  de mécanique non-stop, un sacré démarrage de voyage ! Et puis finalement ça s’est à peu près calmé ; il reste des grincements de transmission mais ça roule et ça ne fume plus… Pas peu fier de mon exploit, je suis parti faire quelques kilomètres d’essais à travers la ville. J’me la pétais comme personne sur mon Harley Davidson…Ouais je sais que je roule en Béhème, mais pour la rime y’a rien de mieux qu’une Harley… alexandrins mis à part, je ne vois pas ce que je viendrais foutre en Afrique avec une bécane de plagiste Niçois !

controlbv

Avec les contrôles de flics, j’avais ces dernières années mis au point une technique d’amadouage de keuf à base de caricatures plutôt efficace mais déjà l’hiver dernier, un peu las et désabusé j’avais choisi de plutôt mettre au point des technique d’esquive adaptée au système de contrôle de chaque pays traversé. Entre la planque derrière minibus et déboîtement subit au dernier moment , ou le passage tranquille avec grand sourire complice entre les piétons et les vélos sur le petit espace réservé sur le côté voire le coup de gaz brutal au dernier moment, un peu plus osé mais plutôt efficace en nocturne, j’avais toute une gamme d’astuce au catalogue ! Cette fois-ci, j’ai oublié de réviser avant immersion africaine et quand je me suis trouvé devant le pandore patibulaire  aucune échappatoire n’était possible…sans papiers sur moi, sans assurance, j’étais bon pour un alignement en règle. Alors, en plein milieu de conversation, comme il voulait que je laisse la bécane et que j’aille chercher mes papiers en taxi, j’ai ouvert les gaz et je me suis tiré.

controle2

Depuis, je reprends le taxi chaque matin et je laisse la bécane planquée chez Francis le temps que les flics m’oublient un peu. C’est que ce contrôle-là, c’était à trois cents mètres de notre piaule et ma bécane, c’et pas le genre de truc qui passe le plus inaperçu dans Libreville !