Une fois que t’es parti de ta maison avec ta bécane pour une destination lointaine, tu déclenches un processus progressif qui t’immerge progressivement dans le nomadisme au long court ; quand après quelques semaines tu te retrouves dans d’indescriptibles mégapoles, le décalage progressif  te permet de te glisser dans leur chaos comme si tu y avais toujours vécu.
Rentrer chez soi au milieu d’un voyage pour s’y replonger quelques mois plus tard, c’est complètement différent…
Tiens, un exemple : le simple fait de prendre un visa pour repartir …
Quand je suis rentré au Gabon par la route du nord, j’avais eu, la veille, mon visa Gabonais à Yaounde  sans aucun problème.
Le même tampon, pour le même pays mais demandé depuis la France, c’est une autre paire de manches .
Evidemment, Sarkozy est passé par là et un dessinateur Gabonais qui voudrait aller se balader à Paname devra fournir pour avoir un visa français un dossier plus gros que le casier judiciaire de Bernard Tapie !
Alors dans l’autre sens, maintenant c’est pareil…des photocops d’assurance de rapatriement, des fax d’invitations officielles, des tas de photos, de copies de pleins de trucs, notamment d’un billet d’avion aller-retour pour bien prouver que je compte rentrer en france et pas rester là-bas et piquer le boulot de mon pote Pahé !  Ah ben là c’est un peu con, parce que l’hiver dernier, je me suis pris un aller-retour depuis Libreville…donc, là, dans quelques jours, je retourne récupérer ma moto…je retourne….c’est donc un retour !
Et voilà comment on se retrouve soupçonné de vouloir piquer le boulot de  Pahé.
Me voilà pas encore du tout parti et les complications commencent déjà !

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